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Château de Salans

(Jura - France)

 

 

HISTORIQUE

 

Le château de Salans a été reconstruit sous Louis XI ( roi de France de 1461 à 1483).


Il conserve encore actuellement des éléments du XVII ème siècle : ouvertures et escalier en vis.
Ce château fut la propriété de Charles Jules de Laborey, né à Dole en 1617, qui se distingua entre autres dans la défense de Dole en 1640 contre les Suédois. (Plusieurs orthographes : de Lab Orey, de La Borey)
Le château est donc au départ un château défensif avec quatre tours de défense. Il reste une seule des quatre tours.


Le fils de Charles Jules de Laborey, Philippe Paul lui succéda et fit construire l’église de Salans sur l’emplacement de l’ancienne chapelle du Château. La propriété resta dans la famille jusqu’à la révolution.


A la révolution, le dernier héritier doit s’enfuir à l’étranger comme beaucoup de nobles de cette époque. Il devient alors un « émigré » et ses biens lui sont confisqués par les révolutionnaires pour devenir « biens publics ». Pendant son absence, des perquisitions furent faites à son domicile bisontin du palais Granvelle ainsi qu’au château de Salans. La vente de ses meubles le 5 août 1793 produisit la somme de 725 livres.
Il tente de revenir clandestinement en France vers la fin de la Révolution pour récupérer ses biens. Il est qualifié d’ « émigré rentré », fait prisonnier et fusillé à Paris le 26 juin 1798.


Sa mère, Marie Catherine de Reculot restée seule va vendre la propriété de Salans peu de temps après au Baron Claude Alexandre DESBIEZ de Saint Juan et à son épouse Marie Théodore Le Bas de Bouclans.
Le nom de St Juan vient d’un petit village proche de là, d’où est originaire la famille. La filiation remonte aux environs de 1278, à Guillaume DES BIEZ (orthographié en 2 parties à l’époque).

Cette noblesse s’affirme avec Claude 1er co-gouverneur de Besançon. La famille Desbiez compta parmi ses membres des personnes de haute qualité, remarquables par leur rang et les charges importantes dont elles furent pourvues. (Écuyer du Roi, Procureur du Roi, ecclésiastiques …). La famille élut résidence, au cours des générations successives, dans la région de Besançon, d’Ornans, Vuillafans et dans le village de Durnes.


Le Château à l’époque (fin du 18e s.) ne comportait que le bâtiment principal central. Le parc était un parc à la Française avec des lignes géométriques et des buis taillés. Une grande allée principale qui arrivait jusqu’à la grille du château. La grille date du XVII ème siècle , elle est classée et est en fer forgé (plus ancien que le fer moulé).


Le domaine s’étendait jusqu’au Doubs à environ 800 m avec une grande allée plantée d’arbres. Le domaine comprenait également des forêts et des surfaces cultivées. La ferme du château était la maison située de l’autre côté de la route. Le Baron percevait même un droit de passage sur le bac qui permettait de traverser le Doubs.


Jusqu’au 18e s. les parcs à la Française lancés par André Le Nôtre le jardinier de Louis XIV étaient très à la mode. Les nobles ne jardinaient pas eux-mêmes, les dames se promenaient dans les parcs pendant que les Messieurs traitaient des affaires politiques. Les Nobles tout comme le Baron vivaient de leurs rentes et des revenus de leurs terres. Le jardin devait représenter la domination de l’homme sur la nature. Tout est taillé, guidé, encadré. C’est une époque où on se montre beaucoup dans les jardins où les toilettes des dames doivent éclipser la beauté de la nature. Cette mode touche à sa fin lorsque le Baron de St Juan arrive à Salans. Le baron de St Juan comme tous les nobles de cette époque est très attiré par toutes les nouveautés, les découvertes qui permettent d’éblouir et d’être à la mode. Il n’est pas de bon ton de rechercher les antiquités comme aujourd’hui.


Le baron va embellir le château. La façade et la décoration intérieure témoignent du style néo-classique.
Le Baron de St-Juan fait ajouter les deux ailes latérales pour y installer les escaliers. L’escalier d’honneur de style directoire en pierre bisontine à gauche et l’escalier de dégagement à droite pour une meilleure circulation dans la maison. Il n’était pas concevable en effet de continuer à faire entrer les invités par l’escalier à vis de la petite tour du 17e s. à l’arrière du château. Ceci ne mettait pas assez en valeur le château et le Baron a fait ouvrir de grandes fenêtres. A la fin du 18 s. et au 19es, les styles directoire et empire font entrer la lumière et la nature dans les maisons, agrandissent les espaces et simplifient le mobilier et la décoration.


Le fils du Baron de St Juan Charles DESBIEZ (1785 – 1862) a une dizaine d’années lorsqu’il arrive à Salans. C’est lui le grand architecte du jardin. Il va en faire ce qu’il est encore aujourd’hui : un jardin anglais romantique de style directoire mettant en valeur les huit sculptures de pierre représentants les 4 saisons, qui trônaient à l’époque devant la façade. C’est un changement de mentalité de l’époque qui demande à l’homme de s’effacer devant la nature. Il est alors de bon ton de jardiner soi-même. Dans ce jardin tout est symbole, la cascade est la montagne, le canal représente la rivière qui va vers la mer (l’étang). Le parc est ovale, sans arbres sur la prairie centrale, les arbres sont plantés en pourtour de la prairie en ovale. La promenade part du Château et fait une boucle sous les arbres.
Le parc comporte actuellement une roseraie ancienne devant le « haha ». Ce point de vue sur la campagne environnante était appelé ainsi car il était censé provoquer un effet de surprise.

- "haha"= fossé remplaçant une clôture, protégeant le jardin du bétail et permettant ainsi au regard d'embrasser la campagne environnante (peu visible à la différence d'un mur, il suscitait des exclamations quand on le découvrait, d'où son nom)

Le parc est inscrit au supplément de l’inventaire des monuments historiques.

Le Château de Salans est au 19e s. un salon littéraire fréquenté. Charles Desbiez est lui-même poète. On peut y rencontrer tous les poètes écrivains et artistes en vogue à l’époque. (Charles Nodier, Castan, Montalembert, Charles Weiss …)
Puis peu à peu, les nobles ne peuvent plus vivre seulement de leurs rentes. Certains d’entre eux vont réussir à temps à se tourner vers l’industrie. La famille de St Juan va être ruinée et devra finalement vendre Salans.
En 1918, la propriété est vendue à un antiquaire qui ne gardera le château que le temps de vendre ce qu’il contient et notamment les huit statues qui ornaient la façade. De nombreux propriétaires vont se succéder. Un marchand de bois va piller le château et couper la plupart des arbres d’essence rare. Chaque nouveau propriétaire essaiera de tirer profit de la propriété sans l’entretenir.

Le Château a été aujourd’hui complètement restauré dans le style et le parc a été replanté d’essences exotiques et de roses en lui gardant son esprit.
Ce parc classé ressemble étonnamment au jardin de Chateaubriand dans la vallée aux Loups, à Aulnay près de Paris. Il est de même forme ovale et de même époque.

 

 

CHÂTEAU DE SALANS (Jura)
EXTRAITS de « Statistique de l’arrondissement de Dole, par M. Marquiset »
Archives de la préfecture du Jura.

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SALANS : De l’arrondissement de Dole ; canton et perception de Dampierre; bureau de poste de Saint-Wit ;

Le territoire est limité au nord par Saint-Wit (Doubs), au sud par Fraisans et Courtefontaine, à l’est par Roset, Corne-de-Chaux (Doubs) et Courtefontaine, et à l’ouest par Fraisans et Evans.

Le village est situé tant sur le revers d’une colline qui borde la rive gauche du Doubs que dans une gorge profonde débouchant sur la plaine qu’arrose cette rivière.
Les maisons sont généralement groupées, assez bien bâties en pierre et couvertes les trois quarts en tuiles et les autres en chaume. La plupart ont un étage au-dessus du rez-de-chaussée.


Population en 1790, 451 habitants. Les plus anciens registres de l’état civil datent de 1717.

Les habitants fréquentent habituellement les marchés de Besançon et de Dole. Sans être riches, ils sont presque tous dans l’aisance. Leur principale ressource consiste dans l’agriculture et l’exploitation des minerais.

Il y a dans le village une tuilerie et un moulin dit le Moulin du Pré, à cinq paires de meules, avec battoir à blé, huilerie et ribe à chanvre.
Un bac sur le Doubs met en communication Salans avec Evans, Saint-Wit, Antorpe et Dampierre.

Salans est un village très ancien ; on ignore complètement l’époque de sa fondation. Son nom se rencontre dans les chartes dès le XIIè. Siècle.

Seigneurie :
Elle comprenait Salans, Our et les hameaux en dépendant ; la suzeraineté sur Evans et Roset ; un château construit sur une motte artificielle ; deux forets dites le Hayes d’amont et un vaste domaine en terres et prés ; la justice haute, moyenne et basse.
Le seigneur avait l’impôt des quatre cas, des corvées, une taille arbitraire en argent et en avoine à percevoir le jour de fête Saint Michel, la banalité du four et du moulin du Pré situé sur la rive droite du Doubs, avec les foules et battoirs qui en faisaient partie…
Le droit de pêcher dans le Doubs, de chasser dans la foret de Chaux et de faire chasser pour son compte le habitants de Salans, Berthelange et Our ; la faculté d’exiger de celui de ses sujets qu’il lui plaisait de désigner, un mouton et des poulailles pour nourrir ses officiers de justice lorsqu’ils tenaient leurs assises.
Les habitants de la seigneurie ne pouvaient vendre ou échanger qu’entre eux leurs immeubles…

Salans dépendait dans l’origine de la prévôté de Fraisans, propriété des comtes de Bourgogne. Il appartenait, en 1430, à Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges, qui peu d’années après, vendit cette terre à Jean de Gorrevod. Après les Gorrevod, on trouve comme seigneur de ce village, Jean Bontemps d’Arbois. En 1557, la seigneurie de Salans échut à Claude Bontemps.
Puis le 3 janvier 1626, Joachim de la Tour et Georgine de Poligny son épouse vendirent Salans à Charles Laborey, qui transmis ce domaine à ses descendants. Ferdinand de Laborey de Chargey en était propriétaire au moment de la révolution.

L’ancien château de Salans fut probablement détruit par les troupes de Louis XI, en 1479.

Le château actuel a été bâti sur l’emplacement de l’ancien par M. Laborey. Il a été vendu ensuite à M. Claude Desbiez , baron de Saint-Juan.


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